Brasserie de la Place
RetourSituée au 11A Rue de Bonnevoie, dans le quartier de la gare de Luxembourg, la Brasserie de la Place s’impose comme une halte incontournable pour tous les amateurs de cuisine russe et d’Europe de l’Est en quête d’authenticité. Ce petit établissement, à mi-chemin entre la cafétéria conviviale et le bistro de quartier, cultive depuis de nombreuses années une atmosphère chaleureuse qui rappelle les tables familiales d’autrefois. Dès les premiers pas à l’intérieur, le visiteur est saisi par cette sensation typique des lieux de caractère: murs sobres, éclairage tamisé, et ce parfum de bouillon, de pâte fraîche et d’épices qui flotte dans l’air.
Le principal atout de cet endroit réside dans une carte entièrement dédiée aux spécialités slaves, préparées avec un soin évident et proposées à des prix abordables très rares dans une ville aussi chère que Luxembourg. Le fameux bortsch, soupe emblématique à base de betterave, de bœuf et de légumes, trône en vedette et fait l’unanimité auprès des habitués. Sa version servie ici est décrite par de nombreux clients comme l’une des plus savoureuses qu’ils aient jamais goûtées, avec son bouillon profond, ses morceaux de viande fondants et sa traditionnelle garniture de crème fraîche. Le tout est accompagné de pain noir (pumpernickel), un détail qui ravit les connaisseurs.
Côte plats à emporter ou à consommer sur place, la maison excelle dans tout ce qui touche aux raviolis et chaussons farcis. Les pelmeni, ces petites merveilles russes fourrées à la viande, sont préparés à la main avec une pâte fine et délicate, puis servis avec une sauce épicée et de la crème aigre. Les vareniki, plus généreux, se déclinent en versions sucrées ou salées (pommes de terre, fromage, cerises), tandis que les piroshki, petits pains individuels, constituent un en-cas idéal à toute heure. Sans oublier les chebureki, ces chaussons frits croustillants d’origine tatare, qui remportent un franc succès auprès des clients de passage.
La carte propose également d’autres classiques slaves comme le bœuf Stroganoff, servi avec une purée onctueuse, le kotleti (escalope panée à la mode russe), la solyanka (soupe acidulée aux cornichons et viandes variées), ou encore la fameuse salade Olivier, indispensable en accompagnement. Le midi, plusieurs formules de plats à emporter ou à déguster sur place sont proposées à des tarifs particulièrement attractifs, ce qui en fait une adresse prisée des travailleurs du quartier et des voyageurs en transit.
L’ambiance de la Brasserie de la Place constitue un autre de ses charmes indéniables. Le personnel, multilingue (français, anglais, russe, allemand, et même polonais pour certains membres de l’équipe), est reconnu pour sa gentillesse, sa disponibilité et son sens de l’accueil. Plusieurs clients fidèles soulignent avoir été chaleureusement reçus, parfois même avec des attentions inattendues: corniaux offerts en accompagnement de la vodka, bonbons avec le thé, cuillères supplémentaires pour partager un dessert. La patronne, lorsqu’elle est présente, reçoit ses hôtes comme à la maison, dans la plus pure tradition slave.
La terrasse, située sur le trottoir face à la place, offre une option agréable aux beaux jours et accepte même les compagnons à quatre pattes. Le soir, la cuisine reste ouverte tard, ce qui constitue un avantage rare dans une ville où de nombreux restaurants ferment leurs fourneaux dès 22 heures. Cela permet aux noctambules, aux travailleurs décalés et aux voyageurs tardifs de venir se restaurer après une longue journée.
Cependant, il convient de mentionner certains aspects moins positifs, souvent signalés par les visiteurs. Le premier point concerne l’exiguïté de la salle intérieure: avec seulement quelques tables serrées les unes contre les autres, il est vivement conseillé de réserver, surtout aux heures de pointe du déjeuner et du week-end. À défaut, il faut s’armer de patience ou accepter de patienter au comptoir.
Le quartier de la gare, où se trouve l’établissement, souffre d’une réputation mitigée. Plusieurs commentaires évoquent un environnement quelque peu négligé, avec la présence de personnes en difficulté ou d’individus bruyants aux abords de la terrasse. Si cela ne nuit généralement pas à la sécurité à l’intérieur du restaurant, les clients sensibles à leur environnement extérieur pourraient être dérangés.
Du côté de la carte, certains plats peuvent varier en qualité selon les passages: si la majorité des avis sont élogieux, quelques visiteurs ont jugé certains mets trop gras ou manquant de finesse, notamment les frites parfois jugées insuffisamment cuites. Le menu, rédigé à la main et présentant quelques signes de fatigue, mériterait une refonte. Enfin, la carte des boissons propose du cidre et du kvas à des tarifs qui peuvent surprendre, notamment une bouteille d’eau demi-litre facturée autour de 6 euros, dans la fourchette habituelle de la capitale néanmoins. La carte American Express n’est pas acceptée.
Le service, globalement apprécié, connaît parfois quelques ratés: commandes égarées, plats indisponibles malgré leur présence au menu, ou encore quelques serveurs moins chaleureux que d’autres. Ces incohérences restent rares mais méritent d’être signalées pour les futurs clients.
En définitive, la Brasserie de la Place représente une valeur sûre pour qui souhaite découvrir ou retrouver les saveurs authentiques de la cuisine slave sans se ruiner. Idéal pour un déjeuner rapide, un dîner entre amis ou simplement pour s’offrir un plat à emporter avant de reprendre le train, ce petit restaurant de quartier compense ses quelques défauts par une générosité culinaire rare, des portions généreuses et une ambiance véritablement familiale.